Corail

Le corail est depuis l’Antiquité un élément caractéristique des civilisations méditerranéennes.

Conservé en branches ou travaillé pour devenir amulette, passe-temps, médicament, monnaie d’échange (c’était notamment une « monnaie négrière » dans le commerce triangulaire), matière première de bijouterie ou d’objets religieux, il a longtemps cumulé vertus sacrées et profanes, alimenté un patrimoine artistique dense et original, cristallisé les efforts des populations littorales autour de sa pêche, de son industrie et de son commerce, favorisé les contacts interculturels et la circulation des hommes dans une Méditerranée ouverte sur tous les continents.

Plusieurs villes italiennes se sont succédé dans le leadership de la fabrication : Alghero (Sardaigne) au Moyen âge, Trapani (Sicile) lors de la Renaissance, Gênes à l’âge baroque, Livourne au Siècle des Lumières puis Torre del Greco dans le golfe de Naples. L’essentiel du travail porte sur la fabrication de grains (perles) aux formes variées (olives, olivettes, lentilles, boutons) et destinés à la confection de bijoux et chapelets (patenôtres). Au XVIe siècle, la fabrication traditionnelle évolue et commence à se doubler d’un véritable travail artistique. C’est en Sicile, à Trapani, que la sculpture par incision sur corail se développe.

La situation actuelle du corail en Méditerranée est problématique. Encouragé par la forte valeur marchande d’une matière première de bijouterie surnommée « l’or rouge », le pillage des fonds marins est d’autant plus destructeur qu’il s’effectue parfois avec une croix de Saint-André composé de rails ou de poutrelles de fer. Dans le même temps, les mesures de préservation restent insuffisantes à limiter les dégâts engendrés par les pêches et les prélèvements illicites.