Sirènes

Sirènes selon Henri Matisse et Marc Chagall

L’association la plus emblématique entre les sirènes et la Méditerranée est établie par l’épisode de l’Odyssée.

Ulysse aurait rencontré les sirènes au large de la Sicile, près de Messine (cap Peloro), ou en Campanie dans le golfe de Salerne (sur les rochers de Li Galli) à quelques encablures du golfe de Naples dont la sirène Parthénope est l’héroïne éponyme.

Ulysse, suivant les conseils de la magicienne Circé, bouche les oreilles de son équipage avec de la cire pour éviter que le chant des sirènes ne les charme et ne conduise son navire au naufrage, et se fait lier au mât pour pouvoir l’écouter sans y succomber.

Le récit homérique fait des sirènes les séductrices des marins. Dans les Argonautiques de Rhodes, la nature hybride des sirènes est pour la première fois clairement mentionnée : «  elles ressemblent en partie à des oiseaux et en partie à des jeunes filles ». Leur transformation en femme-oiseau trouve une explication dans la mythologie. Les sirènes n’ayant pas empêché le rapt de la fille de Déméter dont elles étaient les compagnes sont punies par celle-ci qui les transforme en femme-oiseau afin de pouvoir chercher Perséphone sur la terre comme en mer.

C’est dans le Liber monstrorum, un bestiaire rédigé entre le VIIe et le VIIIe que les sirènes sont décrites, pour la première fois, avec une queue de poisson. Cette figure s’inscrit alors dans les usages et les croyances populaires. Dans le Sud de l’Italie, des amulettes appelées sirene étaient portées par les enfants contre les influences négatives.